Guerre civile raciale par Guillaume Faye

FRANCK ABED INTELLECTUEL

Guerre civile raciale, de Guillaume Faye, est le dernier opus publié du vivant de son auteur. Avant cette lecture, je n’avais jamais lu d’ouvrages de cet essayiste, hormis quelques articles et entretiens écrits qu’il avait accordés. J’écris, sans gêne ni honte, que Faye ne se situe pas exactement sur la même ligne politique que la mienne. Peu m’importe qu’il soit bien ou mal considéré sur le plan humain. Ce qui m’intéresse avant tout, ce sont les idées, le débat des idées, et la philosophie des idées – les principes et les « valeurs » derrière les idées. Le thème de cet ouvrage a suscité ma curiosité intellectuelle. Malgré des divergences de doctrine et de méthode, je l’ai lu et analysé sans a priori ni préjugés.

La préface est rédigée par Jared Taylor, militant politique américain, qui connaît bien notre pays. De surcroît, il apprécie Faye : « Ayant passé une partie de ma jeunesse en France, je parle votre langue et la comprends très bien. Grâce à cela, j’ai eu la chance de faire la connaissance des principales personnalités nationalistes, des identitaires et des patriotes illustres de votre pays. J’ai un très grand respect envers ces gens qui luttent pour la survie de leur nation, mais je dois dire que le Français qui m’a impressionné le plus – dès ma première rencontre avec lui – fut Guillaume Faye. » Avec ce bel hommage, le décor est bien planté. 

Cette première rencontre date de 1998, au cours de la Fête bleu-blanc-rouge du feu Front National. Une époque que les moins de 20 ans ne peuvent connaître, puisque Jean-Marie Le Pen dirigeait encore son parti. Taylor poursuit : « J’étais frappé par la force de son esprit, sa passion pour la vérité, son amour pour son peuple. C’était le début d’une amitié qui dure depuis vingt ans. » Taylor pense que Faye énonce des « mots prémonitoires qui justifient le titre de l’ouvrage ». 

Ainsi, Faye développe « trois hypothèses concernant la suite des évènements. La première, la pire, serait celle de la soumission. Pour faire la guerre et pour vaincre, il faut être deux. Si, face aux envahisseurs étrangers, les Français blancs ne se défendent pas, il n’y aura pas de guerre. Ce sera le pourrissement, l’effondrement sans vrai combat ni vengeance isolée. C’est une possibilité que je n’exclus pas du tout. La deuxième hypothèse, c’est l’éclatement d’une guerre civile raciale avec défaite des autochtones Français et des Européens ethniques, ayant contre eux leur propre Etat collaborateur. La troisième hypothèse, c’est celle d’une guerre civile victorieuse, avec des conséquences historiques incalculables, dont l’effondrement de tous nos paradigmes politiques. »

Pour développer et fonder sa thèse, Faye pose en préalable un « diagnostic avant le cyclone ». Il résume ainsi les faits : « En Normandie, un prêtre égorgé par des musulmans pendant sa messe ; des massacres perpétrés à Paris, Nice et autres villes de province, par les mêmes, au nom d’allah (que j’écris volontairement avec un a minuscule, cette entité fonctionnelle ne méritant pas mieux) ; des centaines de morts et mutilés en 2015-2016, puis des actes de moindre ampleur mais tout aussi ignobles (au moment où nous bouclons cet essai, le dernier en date a eu lieu à Strasbourg, le 11 décembre 2018 : cinq morts) ; une criminalité en hausse permanente, aux auteurs parfaitement identifiés, dont l’origine ethnique est souvent dissimulée par les médias officiels ; une difficulté croissante pour les populations de souche à cohabiter avec des immigrés africains et orientaux de plus en plus agressifs, revendicatifs, violents… Tout cela pourrit peu à peu la vie des autochtones, c’est-à-dire des vrais Français, surtout ceux de condition modeste. »

Au risque de surprendre, ce réquisitoire ne peut être perçu comme radical ou excessif. Faye dresse tout simplement un bilan. Celui-ci se montre effrayant, mais il ne sert à rien de s’en prendre à l’auteur. Comme l’exprime si bien l’adage populaire : « Le fait de casser le thermomètre ne fait pas baisser la température. » Le théoricien de l’archéofuturisme explique que « le premier devoir de l’intellectuel est d’être franc envers son public. Je ne vais pas éviter la question par peur du qu’en dira-t-on ? ou des tribunaux qui, de toute façon, condamneront mon livre sans le lire. » Avec la publication de son brûlot politique, il précise son objectif : « Oui, je souhaite que mon peuple se soulève, retrouve la fierté qu’il n’aurait jamais dû perdre, et obtienne la victoire finale. Je le veux plus que tout. Il le faut. C’est dit. » 

Faye a conscience que son titre suscitera des interrogations et de vives critiques. Il y répond par lui-même dès les premières pages : « L’essai politique que vous tenez dans vos mains a pour titre Guerre Civile Raciale. Certains penseront sans doute que j’écris racial/raciale au lieu d’utiliser un terme ou une expression plus passe-partout, par esprit de provocation. Pour faire le buzz, en somme ! Il n’en est rien. J’écris les mots race, racial, racisme, dans une recherche sincère d’exactitude. Ma volonté est de parler de la réalité telle qu’elle est, en France, à l’époque où nous vivons, en accord avec ce que nous voyons et constatons au quotidien. » Le souci – majeur ! – est qu’aujourd’hui, il existe un déni de réalité empêchant toute réflexion profonde et toute discussion objective posées sur des bases saines.

Nonobstant l’arsenal législatif en vigueur, Faye déclare : « Je ne vois pas pourquoi je m’interdirais d’utiliser un mot existant dans le dictionnaire, sous prétexte que l’idéologie dominante et ceux qui la gobent béatement, le trouvent désagréable. » Il continue sur la même lancée : « Ce qui est plus que désagréable, c’est de ne pouvoir décrire l’horreur de notre situation sans alourdir l’exposé de périphrases et de mots politiquement corrects insensés, qui ne disent pas ce qui doit être dit comme ce doit être dit. » 

Il justifie son analyse en prenant un exemple concret : « J’emploie le mot race parce que je ne vois pas comment les paroles de cette chanson de rap, sortie en 2018, pourraient ne pas être qualifiées de racistes. Jugez plutôt avec ces extraits : « Je rentre dans des crèches, je tue des bébés blancs, attrapez-les vite et pendez leurs parents, ôtez leur toute vie, qu’ils soient des objets sans vie dès à présent. » » Dans un pays dirigé par des gouvernants ayant le souci du bien commun, du beau et du vrai, un tel « artiste » ne devrait plus pouvoir éructer derrière son micro des paroles malsaines…

Tout au long de son exposé, Faye expose l’idée que nous sommes à la veille « d’une nouveauté en Occident, la guerre civile raciale ». Il analyse les événements de la manière suivante : « L’Histoire est imprévisible et réserve bien des surprises. Néanmoins, en 1913 comme en 1938, il était parfaitement possible de prévoir qu’une guerre allait éclater. La majorité des gens s’y préparait. Aujourd’hui, partout, on sent la même tension, la même intuition d’une catastrophe à venir. » Il pense que « c’est un type d’affrontement que l’Europe n’a jamais vraiment connu, et les Etats-Unis, un tout petit peu, imperceptiblement, avec des émeutes communautaires ».

L’auteur convoque l’Histoire et rappelle que « l’Europe et les Etats-Unis ont déjà expérimenté des guerres civiles : les guerres de Religion en France, entre catholiques et protestants, les affrontements de la Révolution française, la guerre de Sécession américaine, la guerre de Trente ans dans les pays germaniques, la guerre civile anglaise de la Glorious Révolution, la guerre civile de la Révolution Bolchévique en Russie, la guerre civile irlandaise, espagnole, ou grecque après la Seconde guerre mondiale, la guerre civile de Yougoslavie en 1999, etc. » Cette capacité des êtres humains à s’entretuer est tout de même très inquiétante…

Ceci étant précisé, Faye estime qu’il ne faut pas confondre ces guerres civiles du passé, et la prochaine qui selon lui arrivera très prochainement : « Toutes ces guerres opposaient des partisans issus du même peuple, au nom d’enjeux idéologiques, politiques ou religieux, à l’intérieur de la même sphère culturelle. Alors que la guerre civile qui s’annonce ne sera pas un affrontement entre gens d’un même peuple comme par le passé, mais un conflit mortel entre des populations que tout sépare, sur le plan ethnique, culturel et religieux »… Ces populations sont très étroitement mêlées sur le même territoire.

Pour Faye, nous assisterons ou participerons à un phénomène nouveau et terrible : « Pour la première fois sur le sol européen, une guerre civile se prépare avec une dimension raciale, précisément ethno-raciale (pour parler le langage direct et réaliste des Anglo-Saxons, méprisé en France, pays de l’abstraction idéologico-dogmatique où l’on a peur de nommer les choses), ce qui va conférer à cette guerre éventuelle un caractère très violent et impitoyable. »

Inductivement, Faye propose une lecture intéressante de l’assassinat du Père Hamel qui « revêt une portée symbolique énorme. C’est la première fois depuis le début de l’histoire de France, depuis le baptême de Clovis en réalité, que des musulmans assassinent un prêtre sur notre sol, dans une église, au nom de leur dieu. » Il estime que « les Français, abrutis et décérébrés pour la plupart, endormis et anesthésiés par le système, n’ont pas compris ce qui se passait… L’égorgement gratuit du Père Hamel marque le début d’une guerre de religion (au minimum) que l’islam nous déclare, de manière sanglante comme à son habitude. » Malheureusement, après ce meurtre, les Français, catholiques ou non, sont restés bien trop sages. Il faut reconnaître que la société de consommation et du divertissement représente un excellent bouclier pour le régime.

Faye évoque même « les quatre piliers de la disparition : mollesse, lâcheté, déni et angélisme », pour expliquer l’attitude de la majorité de nos contemporains face aux événements que nous subissons. Il en profite également pour égratigner le catholicisme. Plus exactement, il produit des critiques pertinentes, que nous validons pour la plupart, sur une certaine de forme de catholicisme qui en réalité n’est pas liée à la doctrine catholique. Néanmoins, l’auteur se trompe quand il estime que « le pape François se place bel et bien en harmonie, et non, en contradiction avec l’enseignement des Evangiles ».

Effectivement, Jésus, Christ et Seigneur, ne peut être assimilé à un révolutionnaire ou à un anarchiste. Le Christ n’est pas non plus un hippie ni même un gilet jaune. Au demeurant, ce faux catholicisme prétendument progressiste, qui favorise l’accueil des clandestins au détriment de son prochain – et n’hésite pas à violer les règles du droit international, soit dit en passant -, mérite les sarcasmes, et bien plus (les critiques, les dénonciations…), dont il n’est pas assez souvent l’objet. 

Nous n’oublions pas, nous catholiques romains, la théorie de la « guerre juste », des « deux glaives » et le devoir que nous devons aux nôtres. De fait, je ne peux que m’opposer à cette idée : « La dévirilisation actuelle des pays de tradition catholique n’est rien d’autre que le résultat final de la prégnance des valeurs judéo-chrétiennes en Occident. » Guillaume Faye aurait-il oublié la chevalerie ? Les Croisades ? La bravoure attestée des combattants chrétiens durant des siècles ? Il reste néanmoins vrai aujourd’hui que les catholiques dans leur ensemble, pour les élections Européennes du 26 mai 2019 par exemple, ont voté Bellamy, Macron ou Marine. Nous sommes loin, de fait, très loin, même, de l’idéal chevaleresque incarné par Bayard, du Guesclin, et même Jeanne d’Arc !

Dans son ultime livre, Faye nous soumet sa vision sans concession de la situation politique actuelle de la France et de l’Europe. Il égratigne les gouvernements successifs et attaque les différentes associations dites humanitaires, responsables à ses yeux de cette conjoncture catastrophique. Il tempête contre « cette invasion insupportable » et avoue sans ambages son inquiétude pour l’avenir du continent européen. Certains passages sont explosifs, et les réalités décrites sont éclairantes pour celles et ceux qui se refusent à faire l’autruche. 

La censure veille, et des lois qui répriment la liberté d’expression et de pensée sont malheureusement en vigueur dans notre pays, mais Faye s’en moque. Il clame sa vérité sans jamais utiliser de circonvolutions pour se faire comprendre. Nous remarquons toutefois que l’ensemble du livre, nonobstant une réelle, communicative, et peu commune énergie, manque d’Espérance… Sans mauvais jeu de mots, tout y est noir. 

Nous relevons une chose étonnante chez un tel spécialiste de la politique : Faye ne donne aucun avis concernant les pays étrangers, notamment des principales puissances mondiales que sont les Etats-Unis d’Amérique, la Russie, voire la Chine. En cas de guerre(s) en Europe, resteront-elles les bras croisés ? Agiront-elles en aidant les indigènes ? Ou au contraire favoriseront-elles le démembrement des patries charnelles en apportant leur soutien aux différents groupes œuvrant à la division ? On peut à cet égard se remémorer le « charmant » unisson de Trump et Poutine appelant la France à rapatrier « ses » djihadistes… était-ce vraiment pour mieux radicaliser ses prisons, comme tout le donne à penser ? L’auteur n’effleure pas ces sujets, et nous trouvons cela bien dommage. De même, quid des blancs musulmans et des noirs catholiques si cette « guerre civile raciale » survient ? Sans parler des très nombreuses familles mixtes ou encore de la composition ethnique et religieuse des forces de l’ordre (police, armée et « garde nationale »)… 

En définitive, par-delà un constat au vitriol, qui ferait bien réfléchir nombre de Français, s’ils avaient la chance de le connaître, le livre soulève beaucoup de questions. Les Français ont-ils encore conscience de former un peuple ? D’appartenir à un espace civilisationnel qui s’appelle l’Europe ? Quelles que soient les réponses de nos contemporains à ces deux interrogations, Faye – paix à son âme – savait pertinemment qu’il était un Français d’Europe, et était très exactement conscient des dangers qui nous guettent, et du péril croissant (avec et sans jeu de mots) de jours sanglants. 

Franck ABED

 

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