Elections européennes : victoire de Macron et défaite de la France

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Des résultats des élections Européennes du 26 mai 2019 se dégagent plusieurs tendances, qu’il convient de prendre le temps d’analyser sereinement et avec sérieux. En effet, nous sommes face à une véritable recomposition politique, qui est intéressante à plus d’un titre. Même si celle-ci ne laisse en réalité rien augurer de bon pour la France à court terme, des enseignements doivent être tirés dès aujourd’hui pour comprendre les enjeux politiques de demain.

Le Rassemblement National

Dès l’annonce des résultats, le RN a clamé haut et fort : « Nous avons gagné ! » Mais les médias ont eux-mêmes participé à cette supercherie en corroborant ces propos. Pourtant, en analysant la situation réelle sans passions ni fantasmes, il paraît évident que le grand vainqueur de l’élection est Macron.

Depuis des mois, les membres du RN nous annonçaient que le Président de la République prendrait une claque électorale à l’occasion des Européennes, grande joute électorale avant la Présidentielle de 2022. La présidente de ce parti évoqua même un vote sanction. Finalement, la gifle s’est transformée en une douce et tendre caresse. Une nouvelle fois, Marine Le Pen s’est fourvoyée. Le contraire eût bien sûr été étonnant, mais il demeure important de le signaler. 

Le duel annoncé par les médias et les instituts de sondage entre Macron et Le Pen a bien eu lieu. Cependant, il a accouché d’une souris. En dépit d’un contexte très favorable pour le principal parti d’opposition (avec la hausse des impôts, la crise économique, les actions hebdomadaires des Gilets Jaunes, les dégâts quotidiens de l’immigration, les attentats…), le RN atteint péniblement la première place en ayant seulement 0,9% d’avance sur LREM. En nombre de votes, cela représente à peine plus de 200 000 voix, autant dire rien. 

Comme chacun devrait le savoir, l’histoire est le théâtre de l’imprévu. Déjà, en 2007 plusieurs observateurs de la vie politique française avaient enterré le FN. Dix ans plus tard, il se qualifie au second tour de l’élection présidentielle après avoir été devant tous ses concurrents au soir du premier tour. Après le débat catastrophique du 3 mai 2017, où Marine Le Pen a pendant presque trois heures étalé sa suffisance, sa vulgarité, son incompétence et surtout son manque de maîtrise des dossiers, beaucoup avaient à nouveau enterré le RN : nombre de commentateurs politiques avaient cru pouvoir renvoyer le mouvement lepéniste dans les oubliettes de l’histoire. Ces « brillants » (!) « analystes » (!!!) qui occupent constamment les plateaux de télévision et les radios ont commis, comme à l’accoutumée, une énorme bourde. Deux ans après son face à face calamiteux avec le candidat Macron, le RN de Marine retrouve son poids électoral de 2014 et 2017. Dans la vie politique française, à moins d’être au paradis ou en enfer, on n’est jamais vraiment mort. 

L’apparent succès du RN tient également à sa tête de liste, le dénommé Jordan Bardella. Incontestablement, celui-ci est la révélation de ces élections européennes. Cet inconnu de 23 ans a défendu honorablement ses couleurs, sans jamais tomber dans les travers de sa présidente ou de ceux commis par le fondateur du feu Front National. L’homme présente bien et s’exprime correctement. Il ne se laisse pas aller à vociférer ou à éructer quand les attaques (souvent en dessous de la ceinture) de ses contradicteurs l’assaillent. Cependant, à bien y réfléchir, il n’incarne pas cette authentique dynamique tant attendue par de nombreux Français. Loin de nous parler de grands projets, loin d’être dans la prospective vitale et nécessaire pour la défense des intérêts de notre pays, il s’est contenté d’exhiber les fondamentaux historiques du FN sur lesquels ce dernier a construit ses premiers mais insuffisants succès. Tout au long de sa campagne, il s’est appliqué à défendre la trinité négative frontiste : insécurité, immigration, anti-islam. Il a saupoudré l’ensemble d’écologisme – il faut bien être dans l’air du temps – en expliquant de manière bien vague qu’il fallait produire et consommer local. Pour le respect de l’écosystème, c’est un bon mais bien modeste début…

Même si Bardella a tenu son rôle avec efficacité, n’oublions pas que Macron s’est ingénié à se faire son meilleur propagandiste. Le Président-en-marche-en-campagne a très habilement présenté le RN comme l’ennemi à abattre. Bien évidemment, les médias officiels lui ont emboîté le pas. Le fait d’avoir été la cible désignée par la présidence a forcément concouru à accroître la visibilité médiatique du parti « honni ». Chaque heure ou presque, le RN était mentionné comme le mal absolu. Comment avait dit Jean-Marie Le Pen en son temps : « Que les médias parlent de moi, même en mal, mais qu’ils parlent de moi… »

Au risque de recevoir des quolibets de la part des électeurs du RN, cette élection ne devrait pas être un motif de satisfaction. Certes, il fait le plus gros score… mais d’une très courte tête ! Il nous semble impossible de parler de formidable élan en sa faveur. Contrairement à ce qui se passe outre-Manche ou de l’autre côté des Alpes, le RN est loin des 30%… Pour rappel, lors des Européennes de 1984 le FN avait alors atteint les 11%. Depuis, la situation en France et en Europe s’est dégradée à vitesse grand V.  En définitive, le mouvement lepéniste n’a gagné que 12 petits points en 35 ans, malgré l’écroulement des partis historiques, malgré la dilution de la France dans le mondialisme, malgré l’immigration de masse, malgré les attentats meurtriers, malgré les attaques perpétuelles contre la famille et la loi naturelle, malgré le chômage et le racket fiscal, malgré le maintien en vie sous perfusion des mammouths et dinosaures de nos administrations, malgré l’inflation galopante masquée par l’adoption de l’euro. Concrètement, en dépit d’une situation explosive sur les plans économique, social, politique, et donc favorable au principal parti contestataire, celui-ci n’apparaît pas en mesure d’écraser son principal concurrent. Dans ces conditions, il ne sert à rien de brandir les étendards de la victoire en chantant qu’on a gagné… 

Le RN n’a donc réussi ni à creuser l’écart, ni même à affaiblir le Président et son Premier ministre – bien au contraire. Ce dernier a d’ailleurs déclaré que la politique du gouvernement resterait inflexible : son seul tort serait… de ne pas avancer assez rapidement ! Edouard Philippe continuera ses réformes désastreuses pendant que d’autres profiteront des champagnes et des petits fours gracieusement servis au Parlement Européen. Quant à la dissolution de l’Assemblée réclamée par Marine, le gouvernement en reparlera aux calendes grecques.

La République en Marche

La politique en France se montre quand même effrayante. Le Président est contesté par une écrasante majorité de Français. Le gouvernement n’arrive pas à répondre aux nombreux défis de notre époque. Je ne mentionne même pas l’affaire Benalla et les innombrables démissions dans l’entourage présidentiel. La tête de liste Loiseau fut sûrement l’une des plus mauvaises de l’histoire des élections Européennes. En toute objectivité, le bilan macronien à ce jour s’avère nullissime. Il n’existe aucune personnalité d’envergure dans le gouvernement ou proche de celui-ci. Mais en dépit de ces tristes réalités, LREM finit deuxième de l’élection, et fait bien plus que tenir le RN par le talon.

Macron s’est mobilisé comme jamais pour cette élection. D’ailleurs, l’ensemble de la presse, à quelques exceptions près, s’est transformé en porte-parole officiel du Président de la République. Cela pose de vraies questions sur l’indépendance – financière, politique et morale – des grands médias à l’égard du locataire de l’Elysée quel qu’il soit. De même, le Président a demandé à ses différents ministres d’entrer dans la bataille avec un seul mot d’ordre : réduire les Européennes à un affrontement entre LREM et le RN. Le plan a parfaitement réussi, nonobstant la percée des Verts. Certes, il n’est pas devant le RN sur le plan mathématique si on compare stricto sensu les suffrages des deux premières formations politiques. Toutefois, nul ne doute que la gauche, au sens large du terme, appellera à voter Macron, si celui-ci venait à se retrouver face à Marine en 2022. Macron a donc parfaitement réussi à installer le duel Macron versus Le Pen pour la prochaine présidentielle. Si les choses devaient en rester ainsi, tout le monde connaît déjà la fin de l’histoire : l’entreprise Le Pen connaîtrait son neuvième échec consécutif à la magistrature suprême. Mais en 2027, les hérauts du lepénisme nous diront qu’il faut quand même voter Marion…

Pour 2022, nous connaissons déjà la stratégie macronnienne. Il jouera à fond la carte du parti de l’ordre, de la stabilité, de l’ouverture. Le RN sera à tort ou à raison assimilé à un mouvement contestataire, et donc de désordre, ou comparé à un repaire d’extrémistes en tous genres – adeptes de la fermeture des frontières, du repli sur soi, et du retour aux siècles obscurs. De toutes les façons, et cela ne date pas d’hier, les Français sont profondément légalistes. Entre la certitude macronnienne et l’inconnue lepéniste, ils n’hésiteront pas longtemps, même si le gouvernement risque de continuer à empiler les échecs avec des réformes calamiteuses pendant les trois prochaines années. 

Depuis l’instauration du quinquennat, mauvaise idée en soi, aucun président en exercice n’a réussi à se maintenir au pouvoir. Sarkozy en 2012 et Hollande en 2017 ont échoué à poursuivre leurs aventures à l’Elysée contrairement à Mitterrand et Chirac. Aussi paradoxal que celui puisse paraître, en prenant en considération la situation catastrophique du pays, à ce jour rien n’empêche Macron de rééditer cette performance. 

Alors que sa cote de popularité est au plus bas, et qu’il rencontre partout où il passe une franche hostilité, Macron arrive à placer son mouvement en deuxième position alors que Europe Ecologie Les Verts (EELC) a obtenu un score très honorable de 13%. Sans cela, il est fort probable que LREM eut été largement devant le RN. Macron a beau avoir été insulté, moqué, hué, persiflé, son parti fait presque jeu égal avec le RN, à la différence près, que Macron dispose d’un énorme réservoir de voix. Ce qui n’est pas le cas de Marine Le Pen, avec le désastre de la droite gouvernementale et des piètres résultats enregistrés par Dupont-Aignan, Philippot et Asselineau. Dans une optique purement électorale, le RN devrait s’inquiéter de l’extinction des LR plutôt que de s’en réjouir. Aujourd’hui dans le concert républicain, la gauche est largement majoritaire. Il n’y a vraiment aucune satisfaction à avoir pour les aficionados du RN.

De fait, il n’est pas vain de penser que Macron et Le Pen sont alliés de manière objective pour se retrouver à nouveau opposé en 2022. Même s’ils se lancent des piques et bien plus, ils partagent la même idée : jouer le match retour. En conséquence, plus Macron monte et plus le RN passe pour le parti pouvant contrecarrer les plans de l’Elysée. Plus le RN monte, et plus Macron se pose en garant des institutions et de la République. La « dynamique électorale », avec LREM et RN, c’est bonnet blanc et blanc bonnet : chacun feint de se nourrir de la haine de l’autre, car chacun grandit et se renforce de la croissance de l’autre.

Recompositions politiques et échecs des aventures personnelles

Les quatre grands partis qui ont animé la vie politique sous la Vème République connaissent tous la chute et l’effondrement. Le PS, le PC, le RPR et l’UDF sont en situation d’échec total. Il est même étonnant, au vu de leur bilan, qu’ils n’aient pas connu bien avant 2019 cette fin amplement méritée. Cela profite bien naturellement au parti présidentiel, qui apparaît comme le seul à même de résister à un certain populisme incarné bon gré mal gré par le RN. Les formations dites traditionnelles n’ont quant à elles pas su se réinventer et sortir de leurs sempiternelles querelles et schémas de pensée étriqués pour proposer une offre politique satisfaisante aux yeux des Français, adaptée à l’époque, et aux réalités.  

La France Insoumise de Mélenchon s’écroule, et le PS prend le même chemin. L’UDI, qui rassemble les derniers héritiers de l’UDF à n’avoir pas suivi Bayrou à LREM, peine à convaincre avec sa ligne centriste et libérale – à bien y regarder fort peu distante du chemin suivi par Macron. L’UDI recueille 2,5% des suffrages, ce qui nous paraît bien haut, compte tenu de leur histoire, de leur programme et de leur tête de liste. 

Quant au feu RPR, renommé UMP puis « Les Républicains », et siglé LR, il est menacé d’implosion avec son score de 8,5%. Certes, que ce soit Bellamy ou Guignol, les LR n’auraient jamais devancé leurs deux principaux concurrents que sont LREM et le RN. Là où Bellamy porte une énorme responsabilité dans la défaite, comme il l’a reconnu lui-même, c’est d’avoir rejoint un mouvement politique ayant validé toutes les lois anti-françaises et anti-naturelles depuis des lustres. Bellamy aurait pu accepter d’être la tête de liste des LR, mais en posant ses conditions comme par exemple la défense des principes « non-négociables » définis par Jean-Paul II et rappelés par Benoît XVI (1). Cela en dit long sur les convictions de l’élu de Versailles. Soit il ne défend pas les points non-négociables et cela devrait suffire à le disqualifier aux yeux des catholiques et des gens de droite ! Soit il les défend, mais il se montre incapable de les imposer à sa propre formation politique, ce qui pose un énorme problème. Dans les deux cas, il n’y a donc rien à attendre de lui. Une personnalité politique qui prétend avoir des convictions concernant la défense de la France et de la loi naturelle ne peut rejoindre un mouvement dirigé par Laurent Wauquiez.  

Là encore, beaucoup pensaient à tort que LR avaient atteint le fond suite au lamentable échec de Fillon à la présidentielle de 2017. Et bien non, ce parti politique continue de creuser son trou écartelé entre deux grandes tendances irréconciliables. La première, l’aile libérale républicaine, a rallié LREM. La seconde, l’aile souverainiste et plutôt droitière, a rejoint RN. Comme Wauquiez et Bellamy passent leurs temps à se recentrer et à nier leurs spécificités, ce mouvement n’incarne plus grand chose. Par conséquent, il intéresse de moins en moins de monde sur le plan électoral. Les LR se diluent dans le macronisme ou le lepénisme. Rappelons également que le juppéisme a déjà été absorbé par Macron, car le macronisme représente un juppéisme moderne. Et que Raffarin a attesté que le cœur de la chiraquie penchait à gauche ! Rien d’étonnant, donc, à ce que LREM ait obtenu l’un de ses meilleurs scores à Paris XVIème, qui fut en son temps un des bastions du chiraquisme… Cela en dit long sur les électeurs de ces quartiers riches et bourgeois.

De fait le PS, LR, et l’UDI rencontreront sûrement de grandes difficultés à restructurer leurs partis d’ici la prochaine présidentielle. En plus de retravailler leurs lignes politiques et leurs images, il faut mettre en avant – et donc trouver ! – des personnalités d’envergure. Comme nous l’ont montré les élections Européennes, c’est bien ce qui leur a manqué. Néanmoins, en trois ans, il peut se passer beaucoup de rebondissements – ou d’événements – susceptibles de redistribuer les cartes. Pour le moment, ces trois mouvements pansent leurs plaies et réfléchissent à de meilleurs lendemains. Même si les vieux Eléphants du PS ont barri dans la dernière ligne droite pour soutenir leur parti qui ne décollait pas dans les sondages, les Verts sont passés devant. Ce phénomène de substitution des Socialistes par les Verts se retrouve dans différents pays européens. 

La donne est quelque peu différente pour LFI qui dispose avec Mélenchon d’un véritable tribun. Mélenchon a voulu faire main basse sur la gauche non gouvernementale. Le pari était risqué, mais il aurait pu le gagner en restant dans la droite ligne de son succès de 2017. Il paie ainsi des errements stratégiques qui l’ont conduit à abandonner une forme de populisme que Bardella, lui, n’a jamais renié. Le constat est le même pour Nicolas Dupont-Aignan. Celui-ci a voulu remporter la mise – à droite – en devant son chef. Il avait prévu – ce qui n’était pas bien difficile – l’effondrement des Républicains. Cependant, il a échoué tant par manque de talent personnel que par la mise en place d’une stratégie déficiente. Un chef doit savoir s’entourer. Il a préféré écarter. De plus, nous n’oublions pas qu’il vient des rangs de l’UMP. Ceci étant précisé, il convient de ne pas en rajouter.

Les deux énarques militant pour le Brexit ont lamentablement échoué. Il n’est pas question de complot pour expliquer le Waterloo de l’UPR ou des Patriotes. Les Français ne veulent pas sortir de l’U.E. Ils veulent un changement de l’intérieur, c’est à dire qu’à leurs yeux, il faut rebattre les cartes et non renverser la table. Au-delà du Brexit, remarquons que François Asselineau, même s’il connaît très bien les failles des textes européens grâce à son parcours dans différents cabinets ministériels, et qu’il dénonce habilement l’OTAN et l’Euro, est resté très discret sur la question de l’identité. La souveraineté sans l’identité est une chimère. J’aime beaucoup l’Afrique pour diverses raisons. Là n’est pas la question. En répétant plusieurs fois, que nous, Français, sommes plus proches du Mali ou du Sénégal que des pays d’Europe de l’Est, il a apporté de l’eau au moulin des promoteurs Babeliens. Il ne s’agit pas d’emboîter le pas à l’internationale apatride – qu’elle soit capitaliste avec Macron ou laborieuse avec Mélenchon et MLP ? – pour revendiquer à corps et à cri une techno-structure France, sans Français ni rien de français, mais souveraine. Dénoncer le mondialisme est louable, mais il convient également de combattre toutes les attaques contre l’identité charnelle de la France. Ne pas évoquer l’immigration par tactique revient à ne pas parler d’un sujet crucial pour l’avenir de notre pays. Mais dénoncer l’immigration ne suffit pas. Un politique désirant redresser la France ne peut pas faire l’économie de la vérité – d’une vérité intégrale, humaine, charnelle, spirituelle. 

A partir de 2011, le parti de Marine Le Pen a repris des couleurs. Philippot n’a eu de cesse de crier que cette embellie était de son fait. Avait-il tort ou raison ? La remontée du RN s’est-elle faite avec lui ou malgré lui ? Peu importe. Ce qui est certain reste que le score ridicule des Patriotes ne tient qu’à lui seul. C’est un bon rhéteur qui maîtrise et connaît ses dossiers. Contrairement à Asselineau, il défend une ligne plus ferme sur les questions migratoires, mais cela s’arrête là. Nous n’avons pas non plus oublié lors des débats sur l’union des personnes de même sexe, qu’il avait osé parler de la « culture du bonsaï » au sujet des militants qui refusaient cette involution sociétale. Cela peut dénoter un problème personnel dont la thérapie passerait par des changements sociaux majeurs, ou à tout le moins exprimer un choix de ne pas s’opposer à un mouvement porté… par des lobbys microscopiques mais extrêmement puissants et organisés. Dans les faits, nous assistons à une modification anthropologique sérieuse des fondements de l’humanité, face à laquelle nous ne pouvons rester neutres. L’échec de Philippot ne s’explique pas que par ce seul aspect, mais en France les traîtres ou les scissions ne rencontrent guère le succès… Tout le monde se souvient encore du cas Bruno Mégret.

Perspectives politiques ?

Au niveau européen, au vu de la variété des contextes locaux – et de la subtilité des alliances, accointances, ou manœuvres au « Parlement » -, il reste difficile de tirer des leçons générales. Néanmoins des lignes d’horizon se dégagent : les Socialistes et l’extrême-gauche reculent, tandis que les Verts avancent accompagnés des Centristes. Les partis de droite de gouvernement stagnent ou perdent de l’importance. Les listes souverainistes et populistes ou euro-sceptiques gagent du terrain sans pour autant être majoritaires. Le PS et le PPE ne disposent plus de la majorité au Parlement. Ils ne pourront plus jouer à deux comme par le passé, car ils devront faire de la place aux Libéraux et aux Verts. NDA et MLP durant toute la campagne ont vendu voire survendu un Parlement européen aux mains des souverainistes et des partisans de l’Europe des Nations. Finalement, ils en sont très loin, mais c’était prévisible. Car en plus d’être minoritaires, ils sont divisés… alors que l’union fait la force.

Pour la France, ces élections ont montré que la stratégie macronnienne rencontre un « franc » succès – non un succès pour la France, mais un succès à trois points, « en marche » sur un champ de décombres. Depuis 2017, Macron a réussi à laminer le PS et LR, tout en maintenant à une portion congrue l’UDI. Nonobstant tous les écueils, il a l’œil sur le compas, et les voiles tirées à l’équerre rendent son allure très assurée. LREM devient incontournable, même si elle n’arrive pas à gérer le pays correctement. Sa route semble parfaitement tracée pour 2022 et rien ne semble pouvoir contrecarrer Macron dans sa volonté de prolonger son bail à l’Elysée. L’histoire étant le théâtre de l’imprévu – et les temps très incertains -, nous devons cependant nous tenir prêts à n’importe quelle éventualité.

L’autre grand enseignement de ces élections, que nous relevons avec insistance, est que les partis ayant clairement affichés leur ligne ont gagné. Nous pensons aux trois premiers : souverainisme pour le RN, libéralisme pour LREM, écologisme pour EELV. Les autres mouvements n’ayant pas su affirmer une position claire et une stratégie efficace boivent la tasse (LR, LFI, DLF). Les autres listes sont marginales ou caricaturales, il ne sert à rien d’en parler. Si ce n’est… que l’Union des démocrates musulmans n’a pas réussi à émerger… pour l’instant ? La vraie question est :  jusque quand ?

Ces élections nous ont montré qu’un parti collant des affiches avec un chien sur un fond violet arrive à faire 2,5%, pendant que Philippot et Asselineau, invités des plateaux TV et des radios pendant des mois, plafonnent respectivement à 0,7% et à 1,2%. Même si le Parti Animaliste surfe sur l’écologisme qui est à la mode, la présence dans les médias ne suffit pas à faire crever l’écran et obtenir les suffrages de nos concitoyens. La manière dont doit être abordée la propagande politique ne dépend pas que du prisme cathodique.

Les Listes « Gilets Jaunes » ont piteusement échoué. Elles paient leurs divisions d’avant les élections, et leur manque de vraies stratégies. Leur échec patent montre que pour les Français qui votent, le parti contestataire en France reste, pour le moment, le RN. Le RN parti souverainiste rafle une nouvelle fois la première place, après l’avoir conquise en 2014.  Entre 2014 et 2019, on ne peut vraiment dire que les députés RN aient eu beaucoup d’influence sur l’Union Européenne… Ironie de l’histoire, le RN est majoritaire pour siéger dans une instance supranationale. Quand on vous dit que la démocratie est paradoxale !

L’abstention reste très élevée en France avec presque 50%. Sans l’implication très forte du Président, elle serait montée encore plus haut. Elle est protéiforme et recouvre des réalités très diverses. Pourtant, elle constitue un énorme réservoir de voix, malgré tout difficile à capter pour les différents partis actuels. Cela démontre qu’un votant sur deux ne se sent pas concerné par ces élections, et l’avenir montrera sans doute un fort sentiment de n’être pas représenté par les « élus du Peuple ». C’est une donnée à prendre en compte pour les petits partis ou ceux en devenir, car un regain d’implication des abstentionnistes pourrait profondément modifier les rapports de force lors des prochaines joutes électorales. 

Macron est le grand gagnant des élections. La France est l’immense perdante. Les attentats continueront, le matraquage fiscal ne diminuera pas, l’immigration poursuivra son bonhomme de chemin, les lois anti-naturelles seront promues, les pires déviances seront données en exemple aux enfants. Mais rassurez-vous : nos politiques s’occupent de nous, de Bruxelles-la-technocratique à l’Assemblée-prétendue-Nationale, et surtout,… la République est en marche !

Franck ABED

(1) La protection de la vie à toutes ses étapes, du premier moment de sa conception jusqu’à sa mort naturelle ;

La reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille – comme union entre un homme et une femme fondée sur le mariage – et sa défense contre des tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes d’union radicalement différentes qui, en réalité, lui portent préjudice et contribuent à sa déstabilisation, en obscurcissant son caractère spécifique et son rôle social irremplaçable ;

La protection du droit des parents d’éduquer leurs enfants (liberté scolaire notamment).



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