Entretien « Nous Sommes Partout » avril 2019

Bandeau combattre pour gagner

Franck Abed, vous sévissez depuis quelques temps dans les pages de Nous sommes Partout. Vous êtes spécialiste en sciences sociales, politiques et de la communication. Vous êtes aussi l’auteur de conférences et d’articles remarqués, dans lesquels vous exprimez différentes analyses. Il a semblé utile à la rédaction de vous poser quelques questions afin que les lecteurs vous connaissent mieux et découvrent vos ouvrages.

Vous vous définissez comme catholique et monarchiste , ce qui est, sans aucun doute à tort, confondu avec passéiste. Pouvez-vous nous dire dans quelle mesure le catholicisme et le monarchisme sont, au contraire, des idées d’avenir ?

Je suis effectivement catholique et monarchiste. Je ne défends pas ces idées par atavisme familial ou par romantisme. De même, la posture passéiste et restaurationniste me sont très éloignées, tout comme celle qui consiste à être un royaliste de salon, là où s’exprime la mondanité la plus exécrable. 

Je ne désire pas le retour au passé ou du passé, mais la perpétuation de principes. Déjà, en 1797 Joseph de Maistre écrivait : « la contre-révolution ne sera pas une révolution en sens contraire, mais le contraire d’une révolution ». Or aujourd’hui, mais déjà hier, de nombreux prétendus contre-révolutionnaires veulent réaliser le contraire de la révolution. Cette attitude démontre leur incapacité à saisir la pensée maistrienne et la nature profonde de notre combat. C’est une des causes fondamentales de leur échec…

Concrètement, depuis la chute de Charles X, sur laquelle il y a beaucoup à redire, plus personne dans notre pays n’incarne la continuité de la France. Je sais que nous pouvons aimer le roi, être fidèle à sa personne et à sa famille. En revanche, l’allégeance envers un président de la république n’existe guère. Tout le monde ou presque se souvient de Clovis et du vase de Soissons. Qui connaît le nom du premier président de la république ? Poser la question revient à y répondre.

Je promeus le royalisme parce que l’étude intellectuelle, historique, philosophique et théologique me conduit à constater que ce système institutionnel correspond parfaitement au génie de la France. En réalité et contrairement aux modernes, je ne considère nullement la royauté comme étant une résurgence du passé. En revanche, je n’estime pas, comme certains royalistes l’expriment depuis des années, que le royalisme serait une idée d’avenir. Effectivement, je défends l’idée que le royalisme et sa doctrine ne peuvent être dépassés ou ringardisés : ils sont une permanence. Indépendamment du contexte politique que nous vivons, le royalisme se conjugue toujours au présent. 

A l’image de Dieu qui est intemporel car il a dit à Moïse : « Je suis celui qui est » (Exode 3,14) la monarchie reste l’organisation politique se rapprochant le plus du gouvernement du royaume des cieux. Cette idée centrale, de continuité à travers les âges, se trouve également dans le Nouveau Testament quand nous lisons : « Je suis l’alpha et l’oméga » (Apocalypse 1, 8). Ce fil historique ininterrompu se voit confirmer par la phrase connue de tous : « Le roi est mort ! Vive le roi ». Le corps charnel du roi subit les ravages du temps et finit par se décomposer. En revanche son corps mystique vit toujours. En France, le roi ne meurt pas !

Dans votre ouvrage Pourquoi être royaliste ? vous affirmez que la république et la démocratie sont (je cite) « les maux de notre société ». Pouvez-vous expliquer à nos lecteurs pourquoi ces « deux maux » sont contraires à la véritable liberté humaine ?

Il faut comprendre que la démocratie s’inscrit comme une idéologie et une réalité que nous pouvons tous remarquer en regardant autour de nous. Tout le monde ou presque se dit démocrate. Raison pour laquelle, ils en appellent tous au Référendum d’Initiative Citoyenne, y compris les partis dits de droite ou de droite dure. Dans le champ politique officiel et des grands médias, toute personne qui exprimerait la vérité sur la démocratie connaîtrait une mort civique voire sociale. La démocratie devient en quelque sorte une nouvelle religion. Son caractère sacrée est devenue incontestable en France. Elle a ses codes, ses rites et ses grands prêtres. Elle a, en définitive, remplacé la religion traditionnelle, et reste malgré du plomb dans l’aile le trait d’union entre des individus à l’identité atomisée.

La république et la démocratie représentent la parfaite négation du régime qui a prévalu avant 1789 en France. Comme dit plus en avant, la royauté politique se rapproche de la royauté des cieux. Le Roi faisait office de « lieutenant » (tenant lieu) de Dieu sur terre. Il devait gérer les affaires du royaume en prenant en compte l’enseignement de l’Eglise, c’est-à-dire en respectant la loi naturelle. La république, et lois instituées sur les moeurs le prouvent, ne s’embarrasse guère de l’ordre naturel. Elle se base sur l’utopie égalitaire et le refus d’un ordre supra humain. En conséquence, tous les hommes, par nature dissemblables, doivent par la contrainte législative devenir égaux. Le vote de l’étudiant en première année de médecine a le même poids que celui du docteur. Le nouveau Français a autant de droit que le Français de toujours… Hors si tout se vaut, rien ne vaut. La démocratie matérialise parfaitement la dictature du relativisme !

Il ne faut pas donc s’étonner de la voir imposer la « tabula rasa » partout où elle préside. La république déteste les origines, les particularités, la famille, la mémoire. Raison pour laquelle, elle importe en masse des nouvelles civilisations en France… Elle s’appuie sur une vision de la liberté tronquée et erronée. Elle cherche à accomplir sa volonté propre en définissant la réalité perceptible selon ses critères et non comme elle apparaît réellement. La république et la démocratie personnifient l’absence du réel, le combat contre le réel et le refus du divin. Elles veulent faire de l’homme un Dieu et le placer au centre de la société. D’une société classique tournée vers Dieu, nous évoluons dans une société centrée sur l’homme et ses désirs les moins avouables. Avec elles, nous sommes passés du théocentrisme à l’anthropocentrisme, voire au démoncentrisme. Hors une société qui écarte volontairement Dieu en déifiant l’homme fonce droit vers la catastrophe. De plus, cette recherche effrénée de plaisirs et de passions superficielles qui s’affichent partout sur nos murs et les écrans – pollution visuelle, sonore et écologique insupportables – conduit l’homme à sa perte. 

Des philosophes de l’Antiquité aux philosophes du courant moderne – les seconds ne figurant pas dans mon Panthéon intellectuel – tous reconnaissent que le peuple ne peut gouverner. Rousseau, le grand penseur de la révolution en France, ne dit pas autre chose dans le Contrat Social. Tocqueville – libéral conservateur – écrit également dans son oeuvre que le peuple forme une masse impropre pour gouverner. Le peuple n’est souverain que le jour où il exerce son droit de vote. Et encore ! Le cadre politico-social pré-existant à l’élection l’oriente, pour ne pas dire le formate à faire tel ou tel choix. Finalement tout est organisé et cousu de fil blanc. La liberté d’user du droit de vote se montre en fin de compte toute relative. 

J’ai toujours pensé que la démocratie chrétienne symbolise un oxymore parfait. Les démocrates veulent voir l’homme diriger la société parce qu’ils considèrent que toute légitimité vient d’en bas. Les chrétiens veulent guider la société en prenant appui sur les Commandements Divins, parce qu’ils savent, comme nous l’enseigne la Sainte Ecriture, que tout pouvoir vient de Dieu. Notre devoir nous commande de convertir les démocrates pour qu’ils abandonnent leurs fausses croyances et découvrent enfin la vraie foi. L’établissement d’une république démocratique catholique en France relève d’un non sens absolu.

D’une manière générale, je ne peux exprimer le moindre respect pour un système politique né du démontage de la Bastille et de l’assassinat de la famille royale. Comment admettre une forme de gouvernement privilégiant les étrangers au détriment des siens ? Sérieusement, est-il possible d’aimer la république alors qu’elle encourage le meurtre ultime, celui des bébés dans le ventre de leurs mères ?

Dans le même ouvrage, vous rappelez les nombreuses réformes sociales de Louis XVI et vous faites le lien avec la véritable notion de droite nationale qui ne peut, selon vous, qu’être catholique et monarchiste, comme vous le rappelez dans votre autre livre Panorama critique de la droite nationale. Comment peut-on expliquer l’incroyable récupération des idées sociales de la droite nationale par les crypto-marxistes et les petits bourgeois ?

Il est important, non pas dans un but de propagande politique ou d’apologétique, de toujours rappeler l’oeuvre sociale de Louis XVI. Toute personne attachée à la vérité et à l’honnêteté intellectuelle doit défendre la réalité historique. Or celle-ci indique clairement et sans aucune équivoque que Louis XVI a véritablement travaillé pour améliorer le sort des humbles et des petites gens. Louis XVI reste à la fois méconnu et injustement décrié, même si les jugements à son égard évoluent favorablement, depuis quelques temps, grâce à des universitaires de talent.

Originalement, la monarchie ne se situe pas sur l’arc républicain. Elle n’est tout simplement ni de gauche ou de droite, parce qu’elle est. Toutefois, pour des raisons de positionnement dans l’hémicycle, les députés siégeant à droite de l’Assemblée ont courageusement défendu le droit de véto du Roi et refusé l’application de la Constitution Civile du Clergé. Cette dernière prévoyait la soumission du spirituel au temporel, alors que dans une société traditionnelle le temporel distinct mais non séparé du spirituel se soumet à lui. 

De tous temps, la cause des pauvres fut souvent défendue par des bourgeois ou des membres des classes supérieures. Cela se remarque déjà à la révolution de 1789 avec tous ses avocats sans inspiration et sans clients qui ont embrassé la cause du peuple, plus pour gravir l’échelle sociale qu’avec la réelle volonté d’améliorer les conditions de vie des plus humbles. A quelques exceptions près, les grands chefs révolutionnaires ne sortaient pas des milieux défavorisés, même s’ils appartenaient au Tiers-Etat. Effectivement, nous retrouvons des fils de médecins, de juristes, d’échevins, de baillis, d’entrepreneurs et même des nobles. Bien évidemment, il y a existé des responsables révolutionnaires issus des milieux ouvriers ou des classes inférieures, mais ils ne constituaient pas le gros des bataillons, loin de là.

Dans le même ordre d’idée, prenons les deux plus importants théoriciens marxistes : Marx et Engels. Le père du premier était avocat et sa famille possédait des vignobles qui leur ont permis de dégager des revenus confortables. Le second venait d’une richissime famille ayant gagné la fortune dans l’industrie du textile. Ici aussi, nous nous retrouvons à des années lumières du prolétariat réel et authentique. 

En fait, et toutes les études de psychologie sociale le démontrent, le public approuve d’autant plus une idée si elle est vient de lui ou d’une personne qui lui ressemble. A contrario, il rejettera plus aisément un projet qui émane de quelqu’un qui ne lui ressemble pas. Raison pour laquelle les animateurs culturels que sont les politiques dits professionnels passent leur temps à se dire proches du peuple. Ils prétendent tous le défendre ou le représenter, mais dans les faits chacun peut vérifier que c’est faux. Il faut bien comprendre qu’ils se contre-fichent républicainement du peuple. Combien de fils d’ouvriers parmi les députés, les sénateurs, ou chez les responsables des grands partis politiques ?

Sans verser dans la calomnie, il suffit de regarder le pédigrée des responsables politiques ou des intellectuels de la droite (au sens très large du terme). La très grande majorité est issue de la bourgeoisie voire de la très grande bourgeoise. Dire cela ne signifie pas être marxiste ou gauchiste, mais revient simplement à poser un constat lucide. Loin de moi l’idée de succomber au nivellement par le bas et à cet égalitarisme insupportable, mais si des chefs politiques n’endurent ou ne connaissent pas la véritable vie de la très grande majorité des Français, ils passent à côté d’éléments essentiels pour comprendre le monde dans lequel nous vivons. De cette vision biaisée et édulcorée de la réalité découle de mauvaises analyses.

Vous rappelez la compromission de Charles Maurras avec la république en 1914, à savoir le compromis nationaliste supposant l’alliance de tous contre un ou plusieurs ennemis supposés. En 2018, sans bien sûr le confondre avec les ennemis de la république qui n’est pas la France, qui considérez-vous comme l’ennemi ultime de la France ?

Je ne suis pas maurrassien pour diverses raisons. Je n’adhère ni à l’orléanisme, ni au nationalisme. Je ne me retrouve pas dans l’école de pensée dite positiviste. Je suis catholique romain et non agnostique. Ceci étant précisé, il est évident – dire le contraire reviendrait à mentir – que Maurras ne peut être assimilé à un ennemi de la France. Loin de là. Cependant, nonobstant une brillante critique de la démocratie, il faut bien reconnaître le fourvoiement de Maurras avec son soutien à Henri d’Orléans… Mais ce n’est pas tout. Reconnaissons également que le maître de Martigues a envoyé à la mort plus de catholiques que Robespierre en prônant l’Union Sacrée et le compromis nationaliste.

« L’ennemi ultime de la France » pour reprendre votre expression est, pour le définir à grands traits, tous les individus qui travaillent de manière objective ou inconsciente à la destruction de la France. Chaque attaque contre la loi naturelle, nos terroirs, nos traditions, notre langue, notre religion ancestrale, nos us et coutumes, nos ancêtres, doit être considérée comme une injure et une infamie par chaque Français. Aujourd’hui les forces de décomposition oeuvrant à ce dessein sont nombreuses, fortes, très puissantes, mais elles ne sont pas toutes puissantes parce que Dieu seul l’est. Cependant, les Français en général et les milieux dits résistants en particulier ne prennent nullement la mesure des enjeux de civilisation que nous affrontons. 

Alors que l’avenir de la France ne semble guère assuré, beaucoup préfèrent ne pas s’occuper des questions politiques. Quant à ceux qui mènent ou qui tentent d’oeuvrer en faveur d’une action salvatrice ou prétendument telle, ils restent pour la plupart d’entre eux enfermés dans des querelles de bas étage, en multipliant les erreurs doctrinales et d’analyses. D’autres font de la politique comme certains se rendent à la pêche aux moules. Pour eux, l’action politique relève du divertissement ou d’un petit plaisir mondain. Ils ne comprennent pas qu’elle doit être érigée en une véritable mission voire en sacerdoce. Les ennemis de la France sont également toutes ces personnes qui empêchent l’émergence d’une nouvelle génération d’hommes et femmes prêts à relever les immenses défis de notre époque, qui occupent des postes ou des positions depuis vingt, trente ou quarante ans en racontant les mêmes choses ou les mêmes inepties avec le brillant résultat que nous connaissons tous. 

L’ennemi, au sens large du terme, s’acharne contre la vérité religieuse, vilipende notre histoire et adopte un comportement de tous les jours impropre à la dimension humaine et politique qu’il prétend incarner. Notre adversaire est protéiforme et nous devons l’attaquer sans relâche. Celui-ci peut être un détracteur de la religion catholique ou une personne de notre camp qui n’apprend pas de ses erreurs et s’accroche à ses prébendes au mépris de l’honnêteté et de la bonté. Nous ne pourrons pas redresser le pays, si nous suivons des gens qui cumulent depuis des années échecs sur échecs. Nous ne triompherons pas de nos ennemis, si des brebis galeuses pullulent à nos côtés. Un grand coup de balai s’impose !

Dans Le Mondialisme, histoire, critiques et solutions pour en sortir, vous nommez cet ennemi : la finance internationale qui impose la consommation, le profit et l’individualisme le plus forcené. Quelles sont, selon vous, les solutions pour lutter contre cet ennemi ?

Le meilleur moyen de combattre victorieusement un ennemi reste la connaissance et la compréhension de ses origines, de ses idées et de ses influences sur la société. D’emblée, je tiens donc préciser que cette finance internationale est fille du libéralisme. Avec elle, l’homme ne sert plus la société et le bien commun, mais la société se plie au service de l’homme. Il faut comprendre que la finance internationale reste la conséquence du libéralisme où dominent l’individualisme, le mythe du progrès technique, l’idéologie des droits de l’homme sans Dieu, la croyance en une croissance illimitée, la déconnexion entre la valeur réelle et la valeur marchande. Ce libéralisme est également l’héritier de la pensée du XVIIIème siècle qualifiée, à tord et étrangement, de philosophie des Lumières. La mondialisation profite pleinement au libéralisme, qu’il soit économique, politique ou philosophique, car elle lui permet, globalisation oblige, de toucher un maximum d’individus avec les effets désastreux que nous constatons quotidiennement.

Les conséquences du libéralisme ne se cantonnent pas aux seuls aspects économiques que sont les dérégulations et la fin des frontières. Elles frappent l’ensemble de la société, de la théorie du genre à l’émergence de l’art dit contemporain, de l’obsolescence programmée au libre choix subjectif établi en norme de vie. Le dernier point est très important. Le libéralisme conduit à penser que tout individu peut faire ce qu’il désire quand il veut où il veut, en vertu du faux principe suivant : je suis libre donc affranchi de toutes contraintes, notamment métaphysiques. Puisque le bon Dieu se trouve dans le ciel (le monde invisible) ou qu’il n’existe pas, si un individu décide de se droguer, de vendre ses organes ou de louer son utérus, il peut agir en ce sens en vertu de la pensée libérale. Ainsi, le libéralisme doit se comprendre comme un agent destructeur, étant donné qu’il renvoie les règles collectives, les normes, les traditions à la déchèterie. 

Le libéralisme n’est pas une philosophie essentialiste ou de l’être. Il s’agit d’une philosophie de l’avoir. Il ne défend pas, contrairement à ce que les libéraux eux-mêmes proclament, la liberté en tant que telle. En vérité, le libéralisme exalte la liberté de l’individu. Les libéraux ne sacrifieraient pour rien au monde cette prétendue liberté, car ils partent du principe que rien ne peut les y contraindre. Cependant, l’Homme ne peut se penser ou se comprendre à l’aune de ses seuls désirs. L’espèce humaine ne doit pas être réduite à une variable d’ajustement économique qui peut être supprimée sur l’autel de la croissance ou si les actionnaires le décident. Nous sommes, pour reprendre la vision d’Aristote et de Thomas, des animaux politiques et sociaux. Or la finance internationale se moque de cette saine anthropologie. Elle se contente de rechercher le profit pour le profit, en vue de réaliser encore plus de profits. Nous évoluons dans un cercle vicieux que nous pouvons rompre par nos choix opérés au quotidien.

Effectivement, pour combattre efficacement le libéralisme, la finance internationale et ses multiples facettes, commençons par replacer Dieu au centre de la société et les églises au coeur de nos villes et villages, et renvoyons l’homme et ses désirs à leurs places. Nous ne devons nullement avoir peur de parler de transcendance et rappeler à l’homme son statut de créature de Dieu. Enseignons correctement l’Histoire aux plus jeunes, respectons les anciens, nos terroirs et nos traditions. Il convient de privilégier autant que faire ce peut, le fait maison et le savoir faire artisanal. Concrètement, recourons principalement et autant que possible aux circuits courts. Il nous faut sortir du tout achat et du tout consommer pour revenir à des bases plus saines. 

Le localisme doit être notre marque de fabrique. Aidons – dans une large mesure – par notre consommation et notre pouvoir d’achat, les producteurs locaux. La qualité doit impérativement passer avant la quantité. La notion de durable doit se substituer à l’éphémère et au provisoire. Quand un produit ne fonctionne plus ou mal, tentons de le réparer plutôt que vouloir en acheter un autre immédiatement. Il convient aussi d’éviter de s’endetter inutilement, en ayant recours au crédit, pour acquérir des objets de consommation, par ailleurs rapidement périssables grâce à la puissance du marketing. L’endettement massif qui touche les pays et les familles représente une véritable menace pour nos libertés…

Les produits respectant la nature et par conséquent la création Divine doivent être recherchés en premier. Et plus que jamais oeuvrons à convertir les nôtres et les autres à la seule unique vraie religion.  

Les vertus théologales de Foi, d’Espérance et de Charité apparaissent, pour vous, comme la panacée contre le mondialisme et la figure de Jeanne d’Arc en est le symbole : « En Dieu, les gens d’armes combattront et Dieu donnera la victoire. » Au terme de cet entretien, quel message souhaiteriez-vous passer aux jeunes français qui nous lisent ?

J’articulerai mon propos autour de cinq points principaux, non exhaustifs bien évidemment.

Premièrement, nous avons abandonné Dieu, mais Dieu ne nous abandonne jamais. Confions Lui chaque jour, nos joies, nos peines, nos espoirs, nos craintes. Prions le avec ferveur pour qu’Il nous guide à faire les bons choix, et qu’Il nous donne la force le moment venu. L’actuelle hiérarchie de l’Eglise Catholique Romaine ne donne pas pleinement satisfaction – et c’est peu de le dire – concernant l’accomplissement de sa mission. Néanmoins, cela ne justifie en rien la désertion de certains qui laissent l’Eglise aux mains de nos ennemis. Ne perdons jamais confiance en Dieu et n’oublions pas que « les portes de l’Enfer ne prévaudront par contre l’Eglise ». (Matthieu 16-18).

Deuxièmement, j’insisterai sur l’importance de la lecture qui doit mener à une bonne formation intellectuelle. Il est vital d’être bien formé sur les questions doctrinales, mais la connaissance du passé s’avère tout aussi précieuse. Nous devons savoir l’histoire de notre pays et de notre continent pour être capable le moment venu de la transmettre à notre tour, tout en la défendant contre les faussaires et autres falsificateurs. Le combat pour le respect de notre passé va de paire avec le combat politique et culturel. Il existe des émissions de radio très intéressantes, des reportages et des documentaires passionnants, des cours et des conférences qui permettent d’en apprendre beaucoup, mais il demeure primordial de compléter ce nécessaire travail par une lecture quotidienne de très grande qualité. A l’heure des fausses nouvelles, des infox, de l’endoctrinement de masse qui salissent notre histoire et nos gloires nationales, nous devons tous nous former pour rester des esprits libres afin d’être capables de déjouer les pièges tendus par l’oligarchie. Les grands dangers restent le conformisme, le consentement à des idées fausses et les platitudes intellectuelles. Une riche lecture permet d’éviter de tomber dans ces traquenards et de rester plus que jamais des êtres libres.

Troisièmement, et conformément à la citation extraite de la dixième Satire de Juvénal « mens sana in corpore sano », nous devons nullement sous-estimer la dimension physique. Le système recherche constamment à nous mettre en insécurité, notamment en insécurité physique. Je ne reviendrai pas ici sur la délinquance et l’augmentation de la violence dans notre a-société. J’écris simplement que notre légitime défense doit reposer en priorité sur nous-mêmes et non pas sur des forces gouvernementales qui rencontrent de grandes difficultés à assurer leurs missions journalières. Le redressement de la France passe aussi par une reprise en main de l’âme, de l’esprit et du corps de chaque Français. Le but n’est pas devenir champion du monde de boxe ou de judo, mais de savoir se prémunir contre les risques d’agression du quotidien qui deviennent malheureusement inévitables. Cette intention ne vise pas à rouler des mécaniques et à avoir le verbe haut, mais simplement à savoir se défendre et protéger les siens en cas d’urgence.

Quatrièmement, comme chacun sait l’union fait la force. A l’heure où l’individualisme s’impose comme la norme, recréons, si ce n’est déjà fait, des solidarités communautaires. Nous devons privilégier notre prochain, ce qui revient à dire celui est proche de nous. Tout le monde comprend où je désire en venir. Le globalisme outrancier travaille constamment à notre atomisation, combattons-le en fondant des réelles solidarités familiales, amicales, professionnelles, etc. Si demain, nous venons à être en danger ou en grandes de difficultés, ce ne sont pas nos ennemis, la République ou l’Union Européenne qui nous apporteront soutien et réconfort. Les nôtres aideront les nôtres. Il s’agit d’une règle de vie intemporelle qu’ils tentent par dessus tout de casser en créant des frontières invisibles. A nous de ne pas tomber dans ces grossiers guet-apens, car de notre union dépend notre victoire.

Cinquièmement, tant qu’il y a de la vie… L’espoir est là. Même si la réalité ne paraît guère réjouissante et que les difficultés s’amoncellent, gardons toujours au fond de notre âme l’étincelle de l’Espérance. L’histoire nous apprend que plusieurs fois notre pays risqua de disparaître. Cependant, au moment où nous nous y attendions le moins, la France fut sauvée. N’oublions jamais que « l’histoire est le théâtre de l’imprévu ». Si nous n’y croyons pas, ce ne sont pas nos ennemis qui porteront notre projet de redressement national. La foi nous aide à ne pas être envahie par la sinistrose mais les gens qui nous entourent également. Gardons-nous des oiseaux de mauvaise augure et des autres déclinologues qui répètent à l’envi que tout est fini. Ne perdons pas de temps avec eux. L’avenir ne dépend pas que de nos adversaires mais surtout de la façon dont nous agirons face aux immenses défis à relever. Alors oui, Jeanne avait raison : « En Dieu, les gens d’armes combattront et Dieu donnera la victoire. » 

Propos recueillis le 25 avril 2019

Source : https://www.noussommespartout.fr



Catégories :Entretiens, Philosophie, Politique

Tags:,

%d blogueurs aiment cette page :