Que doivent impérativement comprendre les Gilets Jaunes ?

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Les Gilets Jaunes doivent constamment avoir à l’esprit que la France n’est pas entrée dans l’histoire en juillet 1789 ou en mai 1968. Elle naquit un soir de décembre 496 lors du baptême de Clovis, quand celui-ci abjura le paganisme pour se convertir au christianisme avec ses guerriers. Les Francs ont donc laissé leur nom au pays que nous connaissons. Après avoir posé ce rappel nécessaire, j’écris que les Gilets Jaunes ne peuvent écarter le catholicisme de l’histoire de notre pays. Le catholicisme est consubstantiel à la France. Combien de villes et de villages portent le nom d’un saint ? Combien d’églises figurent au centre de nos communes ? Les arts, la musique et l’architecture ne sont-ils pas fortement influencés par cette belle et noble religion ?

Il est impossible, à mon sens, de mener une action politique sérieuse si on oublie que France et catholicisme se conjuguent depuis toujours. Notre pays ne date pas d’hier. Il puise son inspiration à la sagesse et au génie juridique de l’Empire Romain. S’il perdure à travers les âges, le mérite n’en revient ni à la chance ou ni au hasard. L’œuvre des quatre grandes familles royales (mérovingiens, carolingiens, capétiens, bourbons) s’appuie en fin de compte sur des principes simples qui révèlent un profond bon sens. 

Nos Rois ont bâti, à temps et à contre-temps, une structure politique et sociale que nos nombreux voisins voulurent constamment copier. Un pays reste avant tout une communauté de destin. Cette règle a parfaitement été comprise de Clovis à Charles X, en dépit des hauts et des bas qu’affronta le royaume de France. Tous nos Rois ont patiemment œuvré à unifier culturellement (par la langue, par exemple), socialement (coutumes du Royaume), et bien sûr politiquement des peuples qui vivaient depuis longtemps sur l’ensemble du territoire national. Ils ont suscité et renforcé génération après génération une profonde union et une entente permanente, qui elles-mêmes étaient nécessaires à la réalisation des grands desseins que portait en elle la France. Ils ont servi la France avec opiniâtreté et clairvoyance, car rien ne fut facile tout au long de notre histoire, rien ne nous fut épargné : ni les invasions, ni les crises politiques, financières et climatiques, ni les trahisons, ni le mauvais sort des armes, etc. 

De fait, nos Rois et leurs ministres déployaient une rare énergie pour favoriser le bien commun. Au plus profond d’eux-mêmes, ils savaient pertinemment qu’ils travaillaient pour l’établissement de quelque chose de plus grand que leurs petites personnes et qui leur survivrait. La maxime du royaume de France se résume ainsi : autorité en haut, libertés en bas, corps intermédiaires pour articuler la pyramide sociale, et catholicisme en vue d’harmoniser l’ensemble – faire toucher au corps et à la chair de la patrie les Cieux, faire entrer l’éphémère et le contingent dans l’Eternité. 

Depuis la conversion des 3000 guerriers Francs à Noël vers la fin du Ve siècle, la France d’en bas a plus que très souvent exprimé une entière confiance au Roi. Rappelons que celui-ci s’engageait, lors du serment du sacre, à protéger la France, les Français, les plus faibles et la sainte religion catholique. Sans confiance du peuple envers les Grands, rien de durable ne peut être envisagé. Les peuples de France regardaient le Roi comme leur père. Un enfant, ou même un adulte, a toujours confiance en son père. Quand la confiance se trouve entamée ou instrumentalisée, biaisée, on ne bâtit que sur du sable. 

Toutefois, cette confiance ne peut être assimilée à un sentimentalisme béat ou niais. Si les Français, dans leur ensemble, répondirent en masse à l’adresse de Philippe II Auguste – suite à l’imminence d’une invasion germano-britannique – qui permit l’éclatante victoire de Bouvines, ou encore à la Lettre d’appel à l’aide à ses sujets de Louis XIV du 12 juin 1709, lors de la guerre de Succession d’Espagne dont nous sortîmes vainqueur, c’est parce que nos ancêtres savaient pertinemment que dans la conduite des affaires de la France, nos Rois visaient l’intérêt supérieur de celle-ci. Ils ne cherchaient nullement à garnir leurs comptes en banque, à étendre des possessions privées, ni même à recevoir une gloire personnelle autant éphémère que vaine. 

De fait, cet intérêt supérieur du royaume France, envers et contre tout, reçut le soutien d’une institution qui résista à l’épreuve du temps : la monarchie catholique. Celle-ci se perpétua – entre autres – avec la catholicité, l’application de la loi salique et la règle de la primogéniture masculine pour régler les questions successorales. La monarchie, contrairement à la république, donna des bons fruits sur une très longue période. Elle sut faire preuve d’une efficacité politique jamais démentie tout au long de son histoire.

Je le répète, tout ne fut pas un long fleuve tranquille. Plusieurs fois, notre pays ne risqua-t-il pas de disparaître ? Et pourtant, de Hugues Capet à la minorité de Saint Louis, de l’encerclement du royaume de France par les Habsbourg à la Fronde humiliante vécue par l’enfant Roi, de la Guerre de Cent Ans à nos jours mêmes, il a toujours existé en France un parti de la légitimité…

Notre communauté nationale se voit plus que jamais frappée et menacée de désintégration. Nul ne peut prétendre le contraire, à moins de porter des œillères ou d’être de mauvaise foi. Pour réussir à redorer le blason écorné de la France, travaillons au nécessaire rétablissement des principes qui ont prévalu chez nous avant la catastrophe de 1789. Sans Roi, les Français sont perdus. Sans autorité légitime, les Français – livrés à eux-mêmes – agissent en dépit du bon sens dans l’ordre politique et social, comme nous pouvons le constater chaque jour. Sans catholicisme, les valeurs essentielles passent à la trappe pour le malheur des plus faibles et des êtres les plus fragiles. Sans la royauté, la France endure la guerre de tous contre tous, à cause de ces élections permanentes et de ces organisations partisanes qui naissent, survivent et prospèrent de l’accroissement des divisions et fractures au sein d’un peuple français… qui n’en demande pas tant ! La République instaure l’atomisation de la société, la royauté favorise l’unité. Le Président ne représente que ses électeurs, le Roi incarne réellement la France. 

Le chef de l’Etat tient le rôle de guide. Cependant, il ne peut être considéré comme tel, si le hasard de l’élection conduit à en changer tous les cinq ou sept ans. Celui-ci doit impérativement disposer de l’assise sociale et de la longue durée nécessaires pour concevoir et mettre en œuvre une politique qui vise au bien commun et à la gloire nationale. Or, si le magistrat suprême subit les caprices de l’élection, comment peut-il gérer correctement les affaires nationales ? Si le principal responsable politique du pays est incité à céder pour sa réélection aux pressions des groupes d’influence, est-il raisonnable de considérer qu’il pourra mener une politique équilibrée, transparente et indépendante de ceux qui le courtisent, le promeuvent, voire le rémunèrent ? Forcément, la réponse aux deux questions précédemment posées s’avère négative.

Ce qui a constitué une des forces du Roi de France pendant des siècles : il était absolu – sans lien – avec les puissances terrestres. Il ne devait sa place et son salut, ni aux financiers, ni aux publicistes, ni à l’élection, mais à sa seule naissance telle que voulue par Dieu. De même, il ne pouvait se transformer en Tyran, car les Lois Fondamentales du Royaume éloignaient tous risques de dérives dictatoriales. Par définition, le Roi doit être au-dessus du peuple. Pour autant, il est indispensable à ce souverain d’être dans l’esprit du peuple, sans cela il n’y a pas obéissance ou soumission, mais servitude et esclavage.

Le Roi assurait la paix et la concorde au sein du royaume. Plusieurs fois, les Grands tentèrent de restreindre le pouvoir royal à leur profit ou rabrouèrent le petit peuple pour satisfaire leurs seuls plaisirs. Quelle fut la réponse du Roi ? Il sortit le glaive de justice pour défendre les plus faibles, les opprimés et rappeler aux Grands leurs devoirs. Être un Grand ne peut être réduit au fait de porter un nom prestigieux, de posséder des titres, des terres et des richesses, bien au contraire. Être un Grand, au sens premier du terme, revient à être au service du Roi, de l’Etat, de l’Eglise. Comme le stipule parfaitement le serment du chevalier, il faut « défendre la veuve et l’orphelin ». Voilà le rôle de ceux que la nature ou les mérites placent au-dessus de la mêlée. 

Dans la royauté de droit divin, la première place ne peut être conquise : ni par la guerre, ni par les élections, ni par des manœuvres politiciennes. Le Roi est, et cela suffit. La légitimité ne se discute pas. Néanmoins, aujourd’hui tout le monde remet en cause la légitimité du Président, une fois qu’il obtint une majorité – vraiment – relative. Effectivement, en regardant de plus près les résultats électoraux, on s’aperçoit que bien souvent le vainqueur du deuxième tour est élu par une minorité de Français… C’est un autre sujet, mais cela doit être dit !

L’autorité politique, ou plus exactement l’autoritarisme détenue par la ploutocratie au pouvoir, s’échine jour après jour à détruire l’œuvre royale patiemment élaborée pendant des siècles. Qu’il paraît loin, très loin, le temps où Suger, Richelieu, Mazarin, Colbert et tant d’autres agissaient avec persévérance et constance pour le bonheur de la France. L’instabilité du régime républicain et démocrate ne correspond nullement à l’expression du génie français. En réalité, les « élites » n’en sont pas. Certes, elles dirigent, mais elles ne méritent nullement les postes occupés parfois par une véritable usurpation. Depuis des décennies, elles vilipendent la France, les Français, l’Eglise Catholique Romaine, notre Histoire et notre patrimoine communs, et se livrent aux plus basses attaques envers la famille. Cette dernière symbolise pourtant la cellule politique de base par excellente, en plus d’être la plus ancienne et la plus légitime au sein de la société. Que nous réservent nos élites pour demain ? Nous le savons tous : la destruction complète de nos identités, de nos traditions, de nos terroirs, et de nos vertus. Les laisserons-nous faire ? Jamais…

La France charnelle existe encore dans le cœur de nombreux Français. Elle n’est pas morte le 21 janvier 1793 avec l’assassinat du Roi Louis XVI, ni le 14 juillet 1793 avec la mort au combat de Cathelineau, ni même avec l’exécution de Charette le 29 mars 1796. Tant que nous nous souviendrons des Rois, Martyrs et Saints qui ont fait la France, la perspective du redressement existera. « Ils » peuvent nous attaquer, nous détruire, nous calomnier, mais ils ne pourront effacer au plus profond de notre âme cette merveilleuse fidélité à l’institution qui incarne véritablement la France. Nous sommes nombreux à refuser que la France devienne un musée, un hôtel, ou un sordide terrain vague entre deux barres d’immeubles. Gilets Jaunes, votre souffrance et votre détresse vous éloignent de l’essentiel : sans un retour au royalisme la France disparaîtra. 

Les gens qui aiment et travaillent réellement pour la France et sa survie ne logent pas à l’Elysée ou à Matignon. Ils œuvrent – certains dans le secret ou avec une grande discrétion, d’autres ouvertement et au grand jour – à la restauration française. Ils sont souvent livrés à la vindicte médiatique. Constamment mis en minorité et assimilés à des « intouchables » voire à des infréquentables, ils supportent souvent la moquerie, le sarcasme et bien plus de la part de nos contemporains. Leurs relais médiatiques représentent peu de choses, face à la grande puissance de nos adversaires, mais ils existent malgré tout. Nous existons. Les meilleurs d’entre nous constitueront une nouvelle aristocratie qui servira le Roi. Pour le moment, chacun dans son coin, selon ses possibilités et en fonction de ses compétences, doit œuvrer à la restauration royale, non pas pour revenir au système de 1789, mais pour faire revivre les principes apodictiques qui permettront à la France de redevenir elle-même. 

Gilets Jaunes : vous endurez de nombreux tourments, vous récoltez mépris et incompréhension. Si la France avait un Roi, il vous écouterait, j’en suis sûr. Je ne suis pas sentimental ou candide. Quand le Roi de France se trouvait Versailles ou sous un chêne à Vincennes, vos ancêtres, nos ancêtres pouvaient l’approcher, lui remettre dans la main un placet sur lequel figurait vos doléances, et l’aborder directement. Aujourd’hui, tentez d’aller à l’Elysée pour discuter avec le Président Macron. Vous savez pertinemment comment vous serez reçus, ou plutôt comment vous ne serez pas reçus – rejetés, mis à l’écart et méprisés. Louis XIV était plus abordable que Macron avec les trente cars de CRS qui l’accompagnent à chacun de ses déplacements. Cela en dit long sur la nature du régime républicain…

Gilets Jaunes on vous a volé votre France, votre identité, votre religion, votre travail, votre héritage. Notre communauté de destin a besoin de se retrouver unie derrière une bannière qui a produit tant de bienfaits pour la France et la civilisation au sens large du terme. Je n’en vois qu’une capable de tous nous rassembler : la bannière fleurdelisée. Vous pourrez continuer à manifester des jours, des semaines, des mois, des années mais cela ne servira presque à rien, si vous ne comprenez pas l’essentiel : la France est intrinsèquement catholique et royale. Je pose ce constat sans détour, demain la révolution nationaliste ou la révolution communiste ne verront pas le jour. Ceux qui vous disent le contraire vous mènent en bateau. La contre-révolution adviendra ou la France disparaitra. 

Comprenez le bien, vous avez autant besoin du Roi que le Roi à besoin de nous. Il est plus que temps de rétablir le pacte de Reims. Retenez et apprenez par cœur cette phrase prononcée en son temps par Louis XIII dit le Juste. Elle résume à elle seule les données du problème et la lucide vision politique de ce très grand monarque : « La France a bien fait voir qu’étant unie elle est invincible, et que de son union dépend sa grandeur, comme sa ruine de sa division. »

Franck ABED



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  1. Que doivent impérativement comprendre les Gilets Jaunes ? — Philosophie, Histoire & Littérature – Virginie Jeanjacquot
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