Royales effigies

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Les Rois imaginaires. Une histoire visuelle de la monarchie, de Charles VIII à Louis XIV, Yann Lignereux, Rennes, PUR, 2016, 372 p., 24 E.

Le Rang. Préséances et hiérarchies dans la France d’Ancien Régime, Fanny Cosandey, Gallimard, 2016, 496 p., 28 E.

Hyacinthe Rigaud, 1659-1743, Ariane James-Sarazin, Dijon, Faton, 2016, 1 408 p., 320 E.

Les représentations de la royauté sous l’Ancien Régime ont été à l’honneur en 2016.

De Charles VIII à Louis XIV, Yann Lignereux souligne les modifications des images du roi, savamment construites pour justifier des politiques ou désamorcer des crises.

Si Charles VIII endosse les signes du croisé, Henri IV les habits de Jupiter, Louis XIII la figure de l’État et Louis XIV se suffit à lui-même, c’est bien à cause de la modification profonde de la souveraineté royale.

A partir d’images bien choisies, parfois rares, et toujours finement commentées à l’aide d’une bibliographie exhaustive, l’auteur insiste sur le caractère polymorphe des représentations royales qui s’adaptent à leurs différents publics.

Fanny Cosandey se penche pour sa part sur les tensions autour du cérémonial de cour à l’époque moderne, toujours plus perfectionné à mesure que le souverain proclamait sa toute-puissance.

L’auteur a privilégié les sources normatives au détriment de celles du quotidien (correspondances ou Mémoires). On peut regretter le caractère très théorique de l’analyse, alors que cette société curiale était le quotidien d’une élite aristocratique qui faisait tout pour en être.

L’auteur montre toutefois bien que, derrière l’ordre construit par le cérémonial, se jouait une lutte d’honneur féroce entre les différentes maisons nobles afin de faire reconnaître leur juste place auprès du souverain.

Ariane James-Sarazin, conservatrice en chef du patrimoine, réussit quant à elle à retracer la vie et à dresser le catalogue raisonné de Hyacinthe Rigaud (1659-1743), peintre de l’une des icônes de la monarchie absolue : le portrait de sacre de Louis XIV.

Sans délaisser l’histoire des représentations, cette étude se focalise sur le contexte matériel, social et intellectuel de cet artiste au service de l’élite. La grande sensibilité artistique de l’auteur nous permet de ne pas oublier que la performativité de ces oeuvres « monarchiques » résidait d’abord dans le savoir-faire des artistes.

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Catégories :Littérature, Moyen Age

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