Plus russe que corse

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Pozzo di Borgo, l’ennemi juré de Napoléon, Michel Vergé-Franceschi, Payot, 2016, 416 p., 24 E.

 

Né en 1764, l’homme fut mêlé aux plus grands événements de son temps.

Il prit même une part décisive à la chute de Napoléon en 1814 lorsqu’il convainquit le tsar, dont il était devenu un conseiller apprécié, de marcher sur Paris.

Michel Vergé-Franceschi, lauréat pour ce livre du prix Premier Empire de la Fondation Napoléon, dépasse le cadre de la stricte biographie pour offrir une étude psychologique maîtrisée des acteurs de l’époque dont Pozzo di Borgo croisa le chemin.

Que d’interrogations sur cet homme dont il semble parfois que la vie, commencée dans la proximité intime de Napoléon Bonaparte dont il était un cousin pauvre, se construisit, une fois leur rupture consommée, autour d’une haine inextinguible pour l’empereur des Français.

Pozzo devint russe au point de servir sa patrie d’adoption comme ambassadeur à Paris de 1814 à 1835 puis à Londres jusqu’en 1839.

S’appuyant sur une documentation souvent mal connue en France (études sur la société corse, archives diplomatiques britanniques, ouvrages en langue russe), l’auteur montre que Pozzo sut servir avec honnêteté les intérêts de la Russie désormais garante d’une paix et d’un ordre européens laborieusement rétablis en 1815.

Les historiens de la diplomatie tireront profit des intéressantes pages sur les rapports qu’il noua avec les rois Charles X et Louis-Philippe Ier. Le Corse devenu russe n’oublia pas qu’il était français et c’est à Paris qu’il choisit de mourir, en 1842.

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Catégories :Histoire, Politique

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