Marat au-delà du mythe

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Marat. L’Ami du peuple, Serge Bianchi, Belin, 2017, 420 p., 25 €.

Jean-Paul Marat fait indéniablement partie des âmes damnées de l’imaginaire commun. Souvent citée en exemple pour dénoncer les excès de la Révolution française, la figure du fou, du malade et de l’extrémiste, magnifiquement incarnée par Antonin Artaud dans le « Napoléon » d’Abel Gance (1927), s’est substituée à la véritable trajectoire de celui qui incarna les contradictions de toute une époque. Serge Bianchi, professeur émérite à l’université de Rennes II, s’attache à normaliser son histoire.

Dans les années 1770, Marat fut un des nombreux membres de l’internationale des Lumières, voyageant dans toute l’Europe, utilisant la science, l’histoire et la philosophie pour défendre les idées de liberté et d’égalité. Auteur du journal l’Ami du peuple, il devient ensuite l’un des plus radicaux porte-parole des classes populaires, des partisans de la démocratie et de la République sociale.

Élu député en 1792, il siège parmi les Montagnards, fréquente le club des Cordeliers, mais reste farouchement méfiant par rapport aux organisations politiques. Cette indépendance lui coûte cher : soutenant l’usage de la violence et de l’insurrection, constamment recherché pour ses attaques contre la corruption des nouveaux élus, il vit souvent dans la clandestinité, avant de se faire assassiner par Charlotte Corday le 13 juillet 1793.

Soudain érigé en martyr, Marat est même porté au Panthéon le 21 septembre 1794 devant, bien malgré lui, un symbole de la République… avant d’en être chassé au printemps 1795.

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Catégories :Actualité, Histoire, Politique

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