Haine de la démocratie

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La Constitution des Athéniens Pseudo-Xénophon, édité, traduit et commenté par Dominique Lenfant, Les Belles Lettres, 2017, 280 p., 45 E.

La célèbre oraison funèbre en forme d’« éloge à Athènes » prononcée par Périclès en 431 av. J.-C. et rapportée par Thucydide brosse l’image d’une cité unie autour de son modèle socio-politique, sa politeia, que les autres Grecs lui envient.

Le pamphlet écrit entre 431 et 424 av. J.-C. par un opposant que la tradition nomme Xénophon (mais qui ne peut en être l’auteur, puisqu’il est à peine né au moment de sa rédaction) apporte le contrepoint indispensable à une meilleure appréciation des tensions qui traversent la cité.

D’une causticité peu commune, ce texte témoigne de la haine qu’une partie de la classe aisée d’Athènes vouait à la démocratie, mais il montre aussi à quel point la cité semblait pour beaucoup un objet politique exotique, défiant les règles les mieux établies des sociétés humaines.

L’auteur enrage de voir triompher une politique qu’il réprouve, mais il admet que les Athéniens savent admirablement mettre en oeuvre les moyens d’y parvenir. Au point qu’il ne semble guère espérer de changement dans l’avenir, et n’annonce en rien les coups d’État oligarchiques de 411 et de 404.

Dominique Lenfant, professeur à l’université de Strasbourg, propose un éblouissant commentaire de ce premier traité d’analyse politique. Une formidable leçon d’histoire, ramenant la cité idéale des manuels scolaires aux dures réalités d’une cité divisée et en guerre.

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Catégories :Actualité, Histoire

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