Entretien avec le site La Planque

Franck Abed

 

1) Bonjour Mr Abed et merci de répondre à mes questions. Pouvez-vous vous présenter succinctement s’il vous plaît.

Je suis âgé de 30 ans. Depuis maintenant quelques années, j’ai entrepris méthodiquement un travail de réflexions, d’analyses et de propositions dans le domaine des idées politiques. Mes domaines favoris sont la théologie que je considère comme la reine des matières, la philosophie, l’histoire et la politique. Indifférent à la pensée moderniste qui m’environne, je récuse les idées nouvelles ou faussement neuves, pour me consacrer à ce que je définis comme le traditionalisme politique français, qui repose sur le catholicisme et le royalisme. J’œuvre à la restauration de la catholicité en France, et milite également pour le développement et la pérennité des principes royalistes. J’ai également commis deux livres : La réconciliation impossible (2009) et Sentinelle française (2010). 

2) Vous avez effectué plus de 60 entretiens vidéo avec différentes personnalités. Quelles sont celles qui vous ont le plus marqué ?

J’ai pu rencontrer de nombreuses personnes cultivées, expérimentées et intelligentes grâce à mes vidéos entretiens. Il est incontestable que ce travail intellectuel m’a beaucoup apporté. J’en ai tiré de grandes leçons. Les quatre personnes qui m’ont le plus impressionné sont : Jean-Marie LE PEN, Alain SORAL, Alexandre DOUGUINE, Dominique TASSOT, à la fois pour leurs personnalités hors du commun, leur intelligence supérieure (en dépit de divergences doctrinales) et leur simplicité.

3) L’élection présidentielle approche à grand pas. Quelle est votre vision de cette future échéance dans l’état actuel de la France ?

Cette élection sera une mascarade de plus à laquelle il convient de ne pas participer. A ce sujet, je propose dans mon site différents visuels qui expriment ma position à savoir : ABSTENTION en 2012 ! Le bulletin de vote n’est pas une arme et tous ceux qui pensent le contraire se fourvoient. Il est important que les catholiques en général, et les royalistes en particulier ne jouent pas les supplétifs pour des athées et autres démocrates. Rien de bon pour la France ne sortira de cette élection au contraire, le résultat renforcera la tutelle des mondialistes et autres puissances des ténèbres sur notre pays. A l’heure où celui-ci est attaqué de toutes parts, ne perdons pas de temps dans des scrutins dont les résultats sont décidés longtemps à l’avance. Il faut être terriblement naïf et crédule pour croire que les dominants attendant le comptage des bulletins de vote pour désigner le vainqueur de l’élection présidentielle. Abstention voilà le mot d’ordre à relayer. Elle doit être le grand vainqueur le 22 avril et le 6 mai prochains. 

4) Dans votre dernier roman « Sentinelle française » vous effectuez une anticipation historique tout en y projetant le monde moderne décadent. L’espoir peut-il naître dans les débris de notre civilisation actuelle ?

Indépendamment des contingences particulières de notre époque, ma nature profonde m’incline vers l’optimisme et mon catholicisme ne me fait jamais perdre de vue l’Espérance. Dans mon deuxième ouvrage, je décris très bien la fin de cette non société que d’aucuns considèrent à tort comme une civilisation (je me demande pour quelles raisons) et démontre qu’avec de l’Espérance tout est possible. Je suis intimement convaincu que Dieu n’abandonnera pas la France. L’espoir d’un monde meilleur fait partie intégrante de ma vie, ni les coups durs, ni les situations extrêmement difficiles que nous vivrons ne pourront me faire changer d’un iota. Le monde d’après-demain dépendra des décisions que nous prendrons aujourd’hui. Nous ne devons pas nous lamenter comme certains mais prendre nos responsabilités à bras le corps pour relever les immenses défis qui nous attendent.

5) Quelle est votre vision du modernisme, et comment l’annihiler de la sphère politique ?

Pour faire simple car le format de l’entretien ne peut pas me permettre de développer, je dirai que le modernisme c’est à la fois Babel, Arius, Erasme, Luther, Calvin, les Encyclopédistes, Darwin, Kant, Freund et tant d’autres. Il faut le combattre avec vigueur en déployant des arguments solides et circonstanciés. Il y aura toujours des modernistes, là n’est pas le souci. Le problème crucial est quand les modernistes occupent les premières places à la tête de l’Etat, dans les médias et les entreprises. . .

6) Est-il encore possible de rattacher la France au catholicisme sans omettre la sacro-sainte laïcité ?

« Tout pouvoir vient de Dieu » (Epitres aux Romains 13, 1). Cette phrase est essentielle, car elle marque une rupture irréconciliable avec la Révolution. La France aujourd’hui est divisée non pas en multiples camps mais seulement en deux comme le disait justement le Père Charles Maignen. Il y a d’un côté les partisans d’une doctrine fausse, héritée de la Révolution : « Tout pouvoir vient du peuple » et de l’autre les partisans de la vraie doctrine, celle de l’Eglise : «Tout pouvoir vient de Dieu » Voici le vrai et l’essentiel ! Le reste n’est que bavardage. La laïcité se présente comme une machine de guerre contre les enseignements de la Sainte Eglise. Elle propose une totale séparation entre vie privée et vie publique. Jules Ferry, de funeste mémoire disait en son temps : « Messieurs, si le Sénat inscrivait le nom de Dieu dans une loi sur l’enseignement, il causerait à la République un tort irréparable. » De tels propos sonnent le glas d’une civilisation chrétienne. Cette laïcité veut chasser, écarter, mettre à l’écart Jésus de la société civile tout entière. Elle désire la sécularisation maximaliste des lois, de la moralité, de l’éducation, de l’instruction, de l’économie, des relations internationales etc. Par sécularisation absolue elle entend une rupture complète, totale entre la société et les principes chrétiens qui sont pourtant fondamentaux et constitutifs de notre civilisation. Il est donc évident – qu’une fois arrivé au pouvoir – le laïcisme arme de guerre de nos ennemis sera muselé.

7) Finalement est-ce que l’idée royaliste a encore sa place dans la France d’aujourd’hui ?

L’idée royaliste à non seulement sa place dans la France d’aujourd’hui mais également et surtout dans la France de demain. Depuis trop d’années, beaucoup de royalistes ont abandonné le terrain politique pour se réfugier dans des actions purement commémoratives, sentimentalistes, historiques et finalement nostalgiques. Il est important de commémorer la mort de Louis XVI ou de célébrer les héros des Guerres de Vendée. Toutefois une action de reconquête ne peut se satisfaire de ce genre d’actions et il est important d’occuper le terrain politique, en ayant préalablement pris le soin de se former. Se former sans agir revient à semer sans récolter, agir sans se former revient à vouloir récolter sans semer. Il suffit de se promener en France pour se rendre compte que la royauté est liée à ce pays par un lien consubstantiel que deux cents ans de propagande anti-royaliste n’ont pas réussi à casser.

8) Quels sont vos souhaits pour la France de demain ? 

Je souhaite qu’elle redevienne fidèle aux promesses de son baptême, comme le lui avait rappelé le Bienheureux Jean-Paul II : « France, Fille Aînée de l’Eglise qu’as-tu fait des promesses de ton baptême ? », et qu’elle renoue avec son gouvernement légitime qu’est la royauté catholique de droit divin. Libérée des forces occultes qui la persécutent, la France retrouvera sa grandeur d’antan et pourra enfin redevenir l’éducatrice et l’évangélisatrice des peuples.

9) Pour finir quelle est votre actualité Mr Abed ?

Si je ne suis pas frappé par la censure, je donnerai prochainement des conférences à Toulouse, Kiev et dans de nombreuses autres villes. Je continue à rédiger des articles, à produire des analyses philosophiques et politiques diffusées en vidéo. Tout mon travail intellectuel est disponible gracieusement dans mon site internet www.franckabed.com et j’invite les lecteurs de La Planque à venir le consulter régulièrement. Je travaille également sur mes futurs livres et j’espère que leurs publications donneront l’occasion de nouveaux entretiens dans votre site.

10) Enfin avez-vous quelque chose à ajouter pour les lecteurs de La Planque ? 

J’invite les lecteurs de La Planque à se former politiquement. Sans une bonne formation doctrinale et historique, rien de sérieux et de concret ne pourra être accompli. Il est fondamental que les sites dissidents ou en rupture avec l’idéologie véhiculée par les dominants jouent leur rôle en démystifiant les leurres diffusés en masse par les politiques, les grands médias, le cinéma, l’éducation nationale etc. . . Je les encourage également à former des communautés solidaires et à replacer Dieu au centre de leur vie !

Entretien publié le 8 mars 2012 dans le Blog La Planque de Sélim TOUMI.



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